• 4 oct.

Que nous disent nos cinq minutes inutiles ?

Quand j'étais dans une activité professionnelle débordante, cela m'arrivait de penser que je manquais de temps. Mais aujourd'hui, alors que les circonstances de ma vie ont changé, le temps a pris une autre dimension. Je me suis rendu compte de l'importance des interstices et de ces moments où je ne fais pas grand-chose, si ce n'est apprécier ce qui est présent.

Revenir à soi pendant quelques minutes

Bien sûr, certains de mes anciens réflexes étaient là. Rester cinq minutes sans faire quelque chose n'était pas évident. Le mental peut avoir tendance à occuper l'espace vide en se souvenant d'un objet à commander ou d'un message auquel nous n'avons pas répondu. Mais, avec de la persévérance, et surtout une nouvelle manière d'occuper l'esprit, j'ai réussi à revenir à moi, en commençant par accueillir ce qui se passait dans mon corps, à retrouver une présence plus grande à moi-même.

Quelle impression mon corps me donnait-il ? Était-il détendu ou contracté ? Y avait-il des émotions ou tout était-il calme ? Je ne voulais pas solliciter mes pensées mais simplement être présente à ce que j'étais en train de vivre ici et maintenant. Et c'est là que le concept d'accueil prend toute son importance. Accueillir sans question, sans vouloir interpréter quoi que ce soit, même pendant un minuscule moment. Se rendre disponible à son intériorité sans juger ce que le corps est en train de vivre.

Petit à petit, j'ai pris de nouvelles habitudes. Et ce que je n'arrivais à faire que pendant quelques secondes au début de mon expérience, est vite devenue quelques minutes. Pas encore des heures, mais aurais-je vraiment envie de le faire ? Parce que la motivation donne du sens à notre expérience et contribue largement à l'envie de la poursuivre.

Qu'est-ce que cinq minutes inutiles peuvent encore laisser apparaître ?

Nous pouvons regarder dehors et laisser notre esprit vagabonder. J'adore regarder deux papillons qui se cherchent en volant, s'éloignent et se rapprochent. Nous pouvons observer le ciel, en regardant la découpe des nuages et en nous laissant inspirer par les formes qui se dessinent sous nos yeux. Nous pouvons aussi tout simplement fermer les yeux et placer notre attention sur notre respiration.

Au fur et à mesure, j'ai découvert que ces quelques minutes pouvaient s'enrichir de nouvelles sensations, sans forcément ne vivre que du calme en moi. J'ai toujours pensé que le corps nous apportait beaucoup d'informations. Et cinq petites minutes sont souvent suffisantes pour que le corps s'exprime par une fatigue dont je n'avais pas pris conscience ou encore par une émotion restée en arrière-plan. Autant de choses que je n'aurais pas pu percevoir si j'étais restée dans une action où le mental prédominait.

Quand le corps demande une pause

Je n'avais pas mesuré à quel point quelques minutes dites « inutiles » pouvaient avoir une véritable utilité, à condition de leur laisser la place de « parler ». Nous pouvons les choisir, les créer volontairement dans une journée. Mais elles peuvent aussi s'imposer à nous lorsque le corps réclame un arrêt. Dans les deux cas, elles sont un moment où quelque chose se révèle, fait pour nous faire du bien.

Aujourd'hui, je regarde ces minutes comme des instants qui m'apprennent sur moi, justement parce que j'accepte de les laisser exister assez longtemps pour cela.

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